Séjour aux châteaux de la Loire : nos conseils pour bien organiser son séjour
La région des châteaux figure parmi les destinations les plus visitées de France, et pourtant la plupart des visites se ressemblent. Le coupable est presque toujours le même : un séjour bâti à la va-vite : quatre monuments enchaînés en deux jours, des heures de route entre chaque site, un hébergement choisi au hasard sur une nationale, et le sentiment d'avoir survolé un territoire qui méritait mieux. Il existe une autre manière de voyager ici, beaucoup plus satisfaisante et souvent moins coûteuse : s'installer une semaine dans un même lieu, en faire un véritable camp de base, ce lien et rayonner tranquillement d'un site à l'autre. C'est précisément la formule qu'offre un gîte, et c'est ce que nous voulons expliquer ici, carte en main et distances réelles à l'appui. Une remarque préalable : la région ne se visite pas correctement depuis Paris. Les formules d'excursion depuis la capitale existent bien, il est même très vendu, mais il condense huit heures de transport pour deux visites courues. Les voyageurs qui ont testé les deux approches choisissent invariablement la seconde. Trois nuits sur place valent mieux qu'une semaine de trajets, le constat est sans appel.
Où s'installer pour rayonner
La décision la plus structurante concerne l'emplacement du logement, bien avant le confort ou la décoration. Ce qui simplifie tout ici, c'est que la plupart des sites majeurs tiennent dans un rayon restreint entre la Loire, le Cher et l'Indre. Un gîte installé en Touraine, à proximité d'Amboise met la grande majorité des châteaux à moins d'une heure. Chenonceau, Amboise, le Clos Lucé, Villandry, Azay-le-Rideau, Chambord, Cheverny, Chaumont-sur-Loire deviennent alors des sorties à la journée sans fatigue. Le piège classique consiste à, se loger trop à l'est ou trop à l'ouest, impose des trajets quotidiens d'une heure et demie, qui gâchent le plaisir et fatiguent surtout les enfants. La règle pratique : viser un logement à la campagne, à quinze ou vingt minutes de Tours ou d'Amboise, tranquille tout en restant à proximité immédiate des axes. Voici quelques ordres de grandeur utiles : de Tours à Amboise, comptez environ vingt minutes, Chenonceaux est à une quinzaine de minutes d'Amboise, Villandry à une vingtaine de minutes de Tours par la rive sud, Chambord et Cheverny à environ une heure. En clair, depuis un gîte bien situé, aucun site majeur n'est à plus d'une heure. C'est cette concentration exceptionnelle qui fait la force de la destination.
Chenonceau, Chambord, Villandry : ne pas tout confondre
La crainte la plus fréquente est de visiter dix fois le même monument. Le risque est réel dès lors qu'on enchaîne sans discernement, mais elle disparaît si l'on panache les univers. Le château de Chenonceau est une prouesse architecturale posée sur le Cher, avec une histoire de femmes de pouvoir. Chambord, lui relève d'une logique complètement différente : architecture spectaculaire, terrasses, parc immense où l'on croise cerfs et sangliers. Villandry valent le déplacement pour eux seuls, avec un potager décoratif unique en Europe. Glissez-y Amboise et le Clos Lucé pour l'histoire de Léonard de Vinci, et le séjour prend immédiatement du relief. Un château tous les deux jours, voilà la cadence idéale : le reste s'organise naturellement. Ne négligez pas les châteaux moins connus. Loches et sa cité royale, Langeais, Le Rivau et ses jardins accueillent une fréquentation bien moindre et offrent une visite autrement plus tranquille. Dans un programme de sept jours, en intercaler un entre deux monuments majeurs apporte une respiration bienvenue et évite la lassitude. C'est souvent là que les enfants s'amusent le plus.
Vignobles, vélo et villages
C'est généralement ce dont les visiteurs se souviennent le plus : ce que l'on trouve entre les grands sites. L'itinéraire cyclable de la Loire à Vélo traverse toute la région le long du fleuve sur un parcours très peu vallonné, donc praticable avec des enfants, avec des étapes courtes de village en village. Côté vignoble, Vouvray, Montlouis, Chinon, Bourgueil et Sancerre se découvrent directement au domaine, souvent dans des caves troglodytiques creusées dans le tuffeau. Les villages troglodytiques du Saumurois, le marché des Halles de Tours, les sainte-maure et autres chèvres locaux, les rillettes et rillons composent une expérience beaucoup plus riche que la seule visite patrimoniale. Comptez aussi les forêts domaniales pour les randonnées, et les levées du fleuve en fin de journée, et l'agenda se remplit tout seul. Un mot pour ceux qui voyagent avec des enfants : la région est particulièrement bien équipée. Le zoo de Beauval, à quarante-cinq minutes environ, bases de loisirs et plans d'eau, descentes en canoë sur les rivières, animations médiévales et démonstrations de rapaces sur les sites alternent parfaitement avec les monuments. Alterner un château et une activité de plein air reste la meilleure formule pour que petits et grands y trouvent leur compte.
Comparer les formules d'hébergement
Les trois formules se défendent, mais elles ne servent pas les mêmes séjours. L'hôtel se justifie pour une ou deux nuits, la chambre d'hôtes offre le contact et le petit-déjeuner, le gîte prend tout son sens dès trois nuits. Les avantages sont très matériels : on cuisine ce qu'on achète au marché plutôt que de dîner au restaurant chaque soir, le budget par nuit baisse fortement dès que l'on est quatre ou plus, les enfants disposent d'espace et d'un jardin, et l'on peut lancer une machine à laver au milieu du séjour. S'ajoute un élément moins mesurable mais décisif : on cesse de vivre à l'heure de l'hôtel, on rentre quand on veut, on dîne tard, on part tôt le lendemain. Le séjour devient un séjour, plutôt que d'enchaîner les nuits d'étape. Tous les hébergements ne se valent évidemment pas. Le classement en épis est un repère fiable : ils supposent un contrôle sur place et des critères stricts, portant sur le confort, l'équipement, l'environnement et l'accueil. Regardez aussi les avis récents, les photos de l'extérieur autant que de l'intérieur, et la présence ou non d'un accueil sur place. Un hôte disponible sur place est une mine de conseils.
Quand partir en Val de Loire
Il n'y a pas de mauvaise période, et le choix dépend surtout de ce que l'on cherche. D'avril à juin, reste probablement la période idéale : les jardins sont splendides, les journées s'allongent, la fréquentation reste raisonnable. La pleine saison estivale apportent son et lumière, spectacles et festivals, mais imposent de réserver tôt et de visiter en début de matinée. Le mois de septembre coche presque toutes les cases : chaleur encore présente, vendanges en cours, foule en net retrait. L'automne habille la région de couleurs remarquables, tandis que la basse saison permet de profiter d'une région rendue à ses habitants, avec des châteaux presque déserts. Anticipez la réservation pour juillet et août si vous voulez le bon logement au bon endroit. Côté climat, souvent mal anticipée par les visiteurs étrangers : le Val de Loire bénéficie d'un climat doux et tempéré, sans les fortes chaleurs du Sud, mais avec des averses possibles au printemps. Prévoir de quoi se couvrir en soirée, y compris en plein été, évite bien des désagréments, les bords de Loire se rafraîchissant rapidement.
Les réflexes utiles
- Bloquer l'hébergement en premier : c'est lui qui détermine tout le programme.
- Prévoir trois à quatre visites majeures sur une semaine et non une visite quotidienne.
- Viser la première heure à Chenonceau et Chambord et profiter du calme.
- Prévoir une journée sans voiture : c'est souvent le meilleur souvenir.
- Noter les jours de marché des villages alentour dès la réservation.
- Vérifier les périodes de fermeture hivernale de certains sites.
Ce qu'il faut retenir, réussir un séjour en Val de Loire ne tient pas au nombre de monuments visités, mais à la manière dont on habite la région. Un gîte bien placé, quelques visites bien sélectionnées, des journées vélo, marché et vignoble entre les visites, et l'on repart avec le sentiment d'avoir vraiment découvert un territoire. C'est aussi la formule la plus raisonnable financièrement dès que l'on voyage en famille ou à plusieurs, et incontestablement la plus confortable. Le Val de Loire mérite mieux qu'une journée d'excursion, il mérite qu'on s'y installe quelques jours, le temps de comprendre pourquoi les rois de France y avait installé ses résidences pendant plus d'un siècle. Une dernière recommandation : bloquez le gîte en priorité, particulièrement si vous visez juillet, août ou un pont de printemps. Les logements bien situés se réservent parfois six mois avant, et il est toujours plus simple d'organiser les visites autour du logement que l'inverse. C'est le seul élément vraiment contraint du séjour : les châteaux, eux, seront toujours là.